Quand la Neige Danse – Sonja Delzongle

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Comme lors de mon précédent article, je vais, non pas évoquer le dernier roman de Sonja Delzongle mais l’ensemble des deux oeuvres qui composent les titres Dust et Quand la Neige Danse.

Pourquoi ? Parce que.

Avant de me lancer dans un exposé pas du tout objectif du travail de cette auteure lyonnaise comme moi (pas d’origine mais ça compte quand même) et qui a vécu quelques années à Dijon comme moi, je vais évoquer la rencontre hasardeuse aux Quais du Polar 2016. A vrai dire, je ne la connaissais pas avant et elle se trouvait au même stand où Johana Gustawsson rencontraient ses lecteurs. J’étais venu bien avant l’heure rencontrer cette dernière pour son magnifique Block 46. Et c’est en patientant, tel une groupie, que j’ai été happé par le regard de Sonja Delzongle. Des yeux d’un bleu intense, qu’on en rencontre que dans les livres que nous aimons tant lire. Ensuite après un échange cordial et un 4ème de couverture du premier volet attrayant, je me suis promis de tenter l’expérience kényane.

C’est dans ce pays africain que les aventures d’Hanah Baxter, profileuse française exilée aux Etats-Unis, débutent sur les chapeaux de roue. Elle va y mener deux enquêtes en plein coeur d’une Afrique méconnue dont la passion de l’auteure pour ce pays va au-delà de la réalité du quotidien. Tout au long du livre, à divers moments, j’ai ressenti la personnalité de Sonja Delzongle à travers l’héroïne. Bien entendu, je ne prétends pas qu’elle ait vécu tout ce qui est dépeint dans le livre mais certaines choses ne peuvent pas s’inventer.

Le second ouvrage se déroule dans un coin à priori tranquille des Etats-Unis. La Hanah Baxter très sex drugs & rock’n’roll s’est assagie, au point de succomber à la mode de la cigarette électronique. Par contre, hors de question de changer de méthodes d’investigation. Bien que je regrette le fait que sa présence soit moins importante, elle reste néanmoins originale et décisive pour l’intrigue.

Dans les deux oeuvres, nous évoluons au gré d’un style simple et efficace. Dust parait plus complet et plus long car Sonja Delzongle a mis du coeur à décrire et à présenter le Kenya tel qu’elle l’a vécu. Bien entendu, niveau intrigue, nous ne sommes pas en reste. Tandis que dans le second, l’image des Etats-Unis est plus connue et l’auteure nous propose une enquête beaucoup plus complexe avec un dénouement inattendu. D’ailleurs, petite question personnelle à Sonja Delzongle si elle lit ces quelques lignes : si tu as fait des schémas brouillon pour mettre au point l’intrigue de Quand la Neige Danse, combien de temps t’a-t-il fallu pour les déchiffrer ?

Finalement, je ne pense pas être le premier homme à m’être fait avoir pas son regard, mais celui-ci m’a permis de découvrir une très belle référence en terme de thriller. Il me tarde de retrouver Hanah Baxter dans un futur roman, héroïne atypique loin des stéréotypes que nous connaissons dans le genre.

 

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Surtensions – Olivier Norek

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Bien que l’article évoque le dernier volet de la trilogie du Groupe Crime 1 de la SRPJ 93, je vais revenir sur la totalité des oeuvres car elles sont indissociables. Alors pourquoi ce titre ? Tout simplement parce qu’il s’agit du dernier volet, soit le mieux référencé sur les sites de recherche (tant qu’à faire).

Généralement, il me faut le temps de digérer une oeuvre pour rédiger l’article donnant mon avis. Mais cette fois, à peine achevés, le besoin de parler, de hurler, bref de m’exprimer sur ces chefs d’oeuvre s’est imposé. Je n’ai jamais eu autant de sentiments opposés en simultané. Je n’en dirai pas plus pour ne pas dévoilé ce final en feu d’artifice, mais toutes ces émotions m’envoient vers une question : quand la suite ? Et ce petit message personnel à Olivier Norek : Bon courage pour tenter d’élever encore le niveau dans le prochain roman ! Car on sent la plume progresser  au fil des trois livres avec Surtensions en bouquet final.

Ceci étant, pour apprécier le travail d’un artiste, il faut connaitre l’artiste. Olivier Norek est un officier de la Police Judiciaire de Seine-Saint-Denis. Il est « de la maison ». Et si on en croit le sketch de Coluche, il s’agit du flic qui sait écrire. Ca ne fait aucun doute. Son style ne laisse pas de place à l’hésitation, aux explications inutiles ou aux motifs des tapisseries des lieux visités. On va à l’essentiel, et à un rythme effréné. On fait partie du Groupe Crime 1 de la SRPJ 93 aux côtés de Victor, Ronan, Sam, Johanna et Léa. Les sujets exploités sont actuels, très réels – voir trop – et ça nous parle.

Lors de ma rencontre aux Quais du Polar 2016, j’ai découvert un homme merveilleux, plein d’humour et de second degré (cf. ci-dessous). L’auteur m’a affirmé que, malgré son vécu, l’imagination avait eu une part importante dans les enquêtes et les dialogues. D’ailleurs, ces derniers sont de hautes volées avec certaines phrases dignes d’Audiard (et ouai, carrément).

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Enfin, je vais arrêter d’en parler car, comme vous l’aurez compris, je n’ai pas aimé, j’ai adoré. Et désolé si mon article est un peu décousu, il est écrit à chaud et je veux qu’il soit ainsi, débraillé, ému, à l’image de l’état dans lequel je suis sorti de cette trilogie.

D’ailleurs, j’ai un rêve un peu fou actuellement, être son supérieur pour lire ses rapports.

PS : Pour enrichir votre playlist, voici le morceau qui tournait en boucle dans mes oreilles en parallèle à ma lecture. Je trouve les paroles bien à propos. Mélange de tant d’émotions contradictoires.

Block 46 – Johana Gustawsson

J’ai hésité pendant un moment avant de rédiger cet article. Non pas parce que le livre n’est pas au niveau de mes attentes – c’est même tout le contraire -, mais parce qu’il m’est difficile d’avoir un avis critique sur des faits historiques qui me passionnent. Voir pire, qui m’inspirent (NDLA : je ne sais pas comment cette phrase sera perçue, mais tant pis, je la laisse quand même, vous verrez plus loin).

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La Seconde Guerre Mondiale et les camps de concentration, sujet maintes fois exploité par les romanciers. Se démarquer devient donc une tâche ardue. Et je suis bien placé pour le savoir car c’est aussi le thème de ce qui sera, je l’espère, mon premier roman (NDLA : voilà, c’est pour cela que ça m’inspire). Néanmoins, je reste toujours curieux des fictions proposées sur cette page de l’histoire qui nous ressasse sans cesse le fameux « Plus jamais ça ! ».

Mais cela peut se transformer en piège pour les lecteur avertis. Des faits historiques approximatifs peuvent venir biaiser l’avis sur une oeuvre là où une lecteur moins au fait des événements de l’époque va mettre des « J’aime » partout où le nom du roman apparaîtra sur les réseaux sociaux. Ici, ce n’est pas le cas. L’auteure s’est beaucoup documentée et on y est. On ressent les traitements subis par les prisonniers et leurs conditions de (sur)vie. Non pas comme des animaux, Hitler s’était chargé de cela en faisant des lois interdisant leur maltraitance, mais bien au delà de ce que notre imagination débordante peut avoir.

A travers une plume simple, qui va à l’essentiel, Johana Gustawsson nous balade de page en page sans trop en faire, juste le nécessaire pour guider notre imaginatif et conserver une idée précise des lieux et des personnages colorés tels qu’elle les a elle-même souhaités. Cela donne un rythme soutenu à la lecture sans pour autant sauter des étapes. C’est généralement ce que je recherche dans un polar/thriller, une course poursuite avec les mots, prendre les virages avec le coeur qui veut prendre l’air, jusqu’au dérapage où l’on sort indemne mais salement secoué.

Je ne sais pas encore s’il s’agit d’un coup dans le foie ou dans le coeur (voir même les deux), toujours est-il que cet ouvrage m’a marqué. On dit souvent, lorsqu’on évoque les camps de concentration, que la réalité dépasse la fiction tant de choses se sont passées en ces lieux. Et si, pour une fois, cette maxime n’était pas avérée ?

Enfin, je voulais adresser un petit message à Johana directement. Je souhaite te remercier pour ce super échange lors des Quais du polar. J’aurais aimé passer plus de temps à discuter mais tes lecteurs qui faisaient la queue (et peut-être mes futurs lecteurs) m’auraient certainement haïs avant de me connaitre. Et surtout, ne change jamais !

Site de l’auteure : http://johanagustawsson.com/fr/

Site de l’éditeur : http://www.bragelonne.fr/livres/View/block-46-1

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Elles étaient parfaites – 01

De nos jours.

 

4:53. Les chiffres rouges du réveil diffusaient une lumière pâle dans la chambre. John Radovic n’arrivait résolument pas à dormir. Depuis le pire tournant de sa carrière quelques mois plus tôt, il était devenu insomniaque. Il aurait pu céder à la facilité et se rendre en pharmacie pour récupérer les cachetons prescrits par le médecin du travail mais ce n’était pas dans sa personnalité de tomber dans une quelconque dépendance. C’est ce qu’il avait lu dans quelques articles évoquant les somnifères. On pouvait ensuite devenir en manque, comme pour les drogues. L’alcool aussi aurait pu être une solution. Il aimait boire, mais occasionnellement et cela lui avait déjà joué de mauvais tours.

5:21. Ca ne voulait décidément pas avancer. Par moment, il avait même l’impression que l’heure tournait dans le mauvais sens. Mais il fallait qu’il arrête de fixer ces chiffres. Le manque de sommeil et la vivacité de l’éclairage lui explosaient les yeux. Il en avait marre de mariner pour cette nuit. Il ne dormirait pas.

Il se mit assis au bord du lit, se frotta les yeux pour tenter vainement de se sentir plus en alerte. Tant pis, la chambre et cette lumière blafarde, c’était fini pour cette nuit. Il se leva et, sans allumer le plafonnier, alla ouvrir les volets roulants. La nuit était encore bien présente. La pâleur de la pleine lune éclairait la rue déserte. Il resta quelques instants à la contempler. Il ne cherchait rien de particulier, juste quelque chose de plus doux que l’affichage de son réveil. Bordel qu’il détestait cet appareil ! C’était pour lui la pire invention que l’être humain avait fait. A lui seul, cet engin de malheur représentait la soumission au pouvoir. Il forçait les gens à se lever pour aller enrichir quelqu’un d’autre. « Liberté mon cul » lâcha John, pour lui-même, en pleine réflexion sur le sujet. Il pensa aussi à l’expression «  le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt ». Mais pour ceux qui ne dormaient pas, y avait-il quelque chose d’identique ? Il avait vraiment besoin de sommeil.

Il sortit de la chambre et traversa le couloir de son appartement du huitième arrondissement de Lyon. Sa destination était la cuisine pour s’envoyer un verre d’eau. Sa gorge était sèche. Il fit cela sans éclairage. Ses yeux ne semblaient pas encore prêts à supporter la lumière crue des ampoules halogènes au dessus du plan de travail.

Une fois réhydraté, il s’adossa à l’évier et se replongea une nouvelle fois dans cette soirée où tout avait basculé pour lui. Cette putain de soirée qui tourmentait ses nuits depuis des mois. Il essayait de comprendre comment il avait pu dégoupiller mais aucune réponse n’était encore apparue. Ses tourments cesseraient peut-être s’il la trouvait.

Pourtant, ce n’était pas faute de chercher. Chaque jour, il se remémorait ces instants. Il avait décidé de rejoindre sa meilleure amie dans un café concert où un petit artiste local avait repris le répertoire du bluesman Robert Johnson. La légende racontait que ce musicien américain avait, suite au décès de sa femme, vendu son âme au diable pour devenir le guitariste talentueux qu’on connaissait. Depuis, John se disait qu’il aurait dû y voir un signe.

La soirée s’était déroulée parfaitement. La musique avait été bonne. Il avait bu beaucoup de bière, se laissant emporter par la chaleur de l’instant.

Malgré sa consommation exagérée, il avait repris le volant et avait décidé de passer dans le quartier des prostituées. Pas question de consommer. Mais, de par son histoire, il se sentait chargé d’une mission auprès de ces filles qui, pour certaines, n’avaient pas choisi leur trajectoire professionnelle.

John s’était retrouvé orphelin dès le début de sa vie. Non pas qu’il fut né sous X, mais sa mère l’avait laissé dans un centre d’accueil le temps de trouver les moyens de l’élever. C’était en tout cas ce qu’on lui avait raconté. Malheureusement, elle n’était jamais revenue le chercher et il n’avait aucun souvenir de sa mère. Son envie de la retrouver afin de comprendre avait fait son temps après quelques vaines tentatives. En conservant le nom de jeune fille de sa mère, il avait eu un point de départ intéressant pour ses recherches et quelques théories sur son histoire. Et plus il avait avancé, plus il avait été persuadé d’une chose, sa mère était une femme de l’Est venue tapiner dans la capitale des Gaules, amadouée par un passeur qui lui avait promis le paradis occidental. Combien, John, avait-il ramassé de ces pauvres filles paumées depuis qu’il était entré dans la police ? Il ne les comptait plus. Mais à chaque fois, une nostalgie l’envahissait, étant persuadé que sa mère avait été, comme ces malheureuses parfois mineures, déracinée pour du fric. D’ailleurs, contrairement à certains de ses collègues, il les percevait comme des victimes et non comme des délinquantes, bien que vendant leurs corps sur la voie publique et consommant des produits stupéfiants, histoire d’oublier ou d’annihiler la douleur pour enchainer les passes. Ces douleurs qui pouvaient être aussi bien morales que physiques. Il s’était donc lié d’amitié avec certaines.

Ce fameux soir, en apercevant un petit groupe composé d’un homme et de deux prostituées, il avait ralenti, reconnaissant Ilda, une de ses petites protégées. Il n’avait été qu’à quinze mètres du groupe quand il vit le mec gifler son amie. Son sang n’avait fait qu’un tour. Il avait stoppé net la voiture à leur hauteur, était descendu et, s’aidant de son arme de service, avait menotté ce mal élevé en distribuant quelques beignes, pour la forme. Il avait une haine farouche envers ces lâches qui pensaient faire acte de virilité en s’en prenant au sexe faible.

L’histoire aurait pu en rester là, si seulement cette petite frappe n’avait pas continué à le provoquer pendant l’interrogatoire. Contrairement à ses habitudes, John n’avait pas voulu attendre le lendemain pour le questionner sur son activité et, encore sous l’effet des quelques bières consommées dans la soirée, il avait décidé de terminer ce qu’il avait entamé sur le trottoir du quartier de Perrache. Et cette fois, difficile de plaider la légitime défense car, lorsque ses collègues étaient intervenus pour l’écarter de son punching-ball du soir, ce dernier était encore menotté à la chaise du bureau. Le flic avait dessaoulé net sous les secousses des autres agents mais il était trop tard. Le dernier souvenir de cette soirée qui l’hantait encore avait été le sourire satisfait de l’avocat du petit proxénète. Ce sourire du travail accompli avec succès, ne pas porter plainte en échange de l’annulation des poursuites et de la prise en charge des soins. Mais pour le flic éméché, cela était désormais devenu le cadet de ses soucis.

Il avait beau se rappeler cela toutes les nuits, il n’arrivait pas à comprendre comment cela avait pu déraper. Ce n’était pas un enfant de cœur. Les interrogatoires musclés étaient une méthode d’intimidation qu’il avait l’habitude d’exploiter pour avancer dans ses enquêtes, mais jamais devant témoins et, surtout, jamais au commissariat.

Il avait besoin de se débarbouiller. Toujours sans lumière, il prit la direction de sa salle de bain. Une fois devant le lavabo, il s’aspergea le visage, telles des ablutions afin de se purifier en quête de cette réponse. Il attrapa ensuite la serviette et, une fois le front et les joues épongées, il alluma la lumière pour se regarder dans le miroir. C’était le même rituel, tous les matins. Il espérait se percer à jour à travers son propre reflet, trouver cette réponse tant attendue dans son regard. Toujours sans succès.

Son téléphone portable se mit à sonner. Qui pouvait appeler si tôt le matin ? Il l’attrapa sur le meuble de l’entrée. Il vit que le Commandant Claude Vallette, son supérieur, tentait de le joindre. Il constata au passage qu’il était déjà sept heures passé de quelques minutes.

–          Allo ?

–          John, j’ai besoin de toi à Saint-Cyr-Au-Mont-d’Or, quartier de la Source. Tu trouveras facilement.

Son interlocuteur raccrocha sans en dire plus. Mais il n’y avait pas besoin. Le flic avait compris. Il retournait sur le terrain.

 

Elles étaient parfaites – Prologue

Elles étaient parfaites est le titre temporaire du roman que je suis en train d’écrire. J’espère un jour en arriver à l’édition. et vous en faire partager l’intégralité de l’histoire. Pour le moment tous les chapitres ne sont pas encore rédigés. Néanmoins, j’ai envie de partager avec vous le premier jet qui constituera le prologue.

 

Camp de Struthof-Natzweiler, 6 février 1944

J’ouvre les yeux.Une fois de plus la nuit a été dure. Dure comme la couchette sur laquelle je repose. Ce n’est pas la lumière du jour qui m’a tiré de mon sommeil mais le S.S. dehors. Ce sadique hurle dans sa langue de Boche en cognant sur les murs en bois du baraquement. L’Allemand m’est totalement inconnu mais je suis sûr qu’il ne me demande pas si j’ai bien dormi. Je ne saurais dire si cela vient du froid, des courbatures de la veille ou du fait que nous soyons trois par sommier. Depuis quelque temps, j’ai l’impression que les nazis sont passés à la vitesse supérieure. Le camp est surchargé et nous devons partager notre espace de sommeil.

Pas le temps de tergiverser sur mes conditions nocturnes. Voilà deux ans que je suis enfermé ici et mon unique priorité réside dans ma capacité à ouvrir les yeux le matin. Cela me permet de penser que je suis encore en vie, plus ou moins. Sans plus attendre, je me lève et je vais au lavabo. Dans ces instants, les plus fragiles d’entre nous donnent l’impression de vivre au ralenti. Cela me convient. Je vais pouvoir être avant eux à la toilette. Cette étape est obligatoire. Le seul souci est qu’il n’y a pas assez de lavabo pour tout le monde dans le temps imposé par nos bourreaux. Cela a toujours été le cas, même lorsque le camp n’était pas surpeuplé. Alors maintenant que nous sommes trois fois plus…

Il y a toujours une appréhension lorsque le premier arrivé au lavabo tourne le robinet. Allons-nous avoir de l’eau ce matin ? Aujourd’hui, nous avons de la chance. Cette nuit a dû être moins froide que la précédente car nous allons pouvoir nous laver, torse nu et à l’eau froide. C’est une obligation. Après un décrassage sommaire, je vais dans la pièce commune pour prendre la seule chose que j’avalerai à mon petit-déjeuner : un demi-litre de liquide censé être du thé. Heureusement que je suis installé dans un bâtiment proche des cuisines car le breuvage est à peu près tiède. Pour ceux qui sont tout en bas du camp, plus proches du crématoire, tout est froid, comme si la mort les suivait déjà, telle une ombre.

L’heure du premier appel de la journée sonne. Mais avant cela, je jette un regard dans les lits superposés afin de voir laquelle de Morphée ou de la Faucheuse a rendu visite aux autres prisonniers. Heureusement, aujourd’hui, seule la première est passée. Il n’y aura aucun cadavre à sortir.

Dehors, il fait encore nuit mais surtout, il fait très froid. Nous sommes en rang sur la plateforme devant notre baraquement, pour au moins une heure. Je ne sais toujours pas si les S.S. font plusieurs fois l’appel parce qu’ils ne savent pas compter ou par pur sadisme. Dans tous les cas, il ne faut surtout pas montrer un signe de faiblesse. Ils n’attendent que cela pour nous infliger une sévère correction, comme ceux qui n’ont pas eu le temps de se laver. La bastonnade est là pour nous rappeler notre condition, au même titre que la potence dominant le camp, plus dissuasive qu’une statue de leur Führer.

Depuis notre arrivée, nous ne savons pas vraiment ce que nous sommes devenus. Certainement plus des humains. Je me souviens de mon voyage en train jusqu’ici. On nous a transportés dans des wagons à bestiaux pleins à craquer. Certains avaient déjà succombé au cours de ce qui fut leur dernier voyage. Arrivé en gare de Rothau, on nous a sortis et triés sans ménagement. Au son des « schnell ! schnell ! », seul mot que nous comprenons tellement nous l’entendons, on nous a demandé de retirer nos chaussures, nos vêtements, nos bijoux, notre dignité, notre humanité. J’ai reçu la seule chemise et le seul pantalon que je porte depuis un peu plus de deux ans. Ils sont complètement usés et surtout trop grands. J’ai dû perdre un tiers de mon poids depuis que je suis ici. Et pour ce qui est de ma tenue, la remplacer ne doit pas faire partie des protocoles du camp. Je ne pense pas d’ailleurs qu’il soit prévu de tenir aussi longtemps dans cet enfer.

J’entends mon nom. Je lève la main, tel un automate. L’appel et les bastonnades sont les seuls instants de la journée où je tente de m’évader. Spirituellement car je ne prendrai pas le risque physiquement. Certains n’attendent que cela pour s’entrainer au tir. Durant ces rêveries qui m’évitent les abominations du moment, je tente de me rappeler ma vie d’avant, faite de sourires, de rencontres et de gens heureux. Celle où mon métier de mécanicien me permettait d’échanger avec passion et de subvenir à mes propres besoins. Car je n’avais pas de femme ni d’enfants à mes côtés. Dans ma situation actuelle, je me dis que c’est un mal pour un bien car je n’ai à me soucier que de moi. D’autres camarades souffrent beaucoup plus car ils ne savent pas à quel endroit l’autre moitié de leur raison d’être a été déportée, à défaut d’avoir été exécutée.

Le jour commence à faire son apparition, sans soleil. Je ne me souviens pas avoir aperçu l’astre flamboyant depuis mon arrivée. La brume des massifs vosgiens et les nuages nous l’interdisent. Comme s’ils avaient pactisé eux aussi avec le diable. Récemment, un troisième élément est venu nous ternir un peu plus notre horizon, le crématorium. Depuis la fin de sa construction, il y a quelques mois, il ne cesse de cracher la mort.

Le premier appel de la journée s’achève enfin. Désormais, nous allons savoir de quel Kommando nous ferons partie pour la journée. Les nazis sont peut-être des meurtriers excités par la violence et le sang, mais ils ne sont pas stupides. Nous sommes là pour travailler – officiellement – et il faut donc nous utiliser à bon escient. Mes compétences de mécanicien font que je suis régulièrement envoyé dans le groupe qui travaille au garage sur les moteurs d’avion. Ceux qui ont de la chance sont avec moi dans ce Kommando ou dans celui qui doit s’occuper de la ferme à côté du camp. Pour les autres, c’est soit la sablière qui les attend ou, pire, la carrière de granit. Cette dernière est celle qui fait le plus de dégâts dans nos rangs, par épuisement ou par simple sadisme. Il arrive régulièrement qu’un chef S.S., lors du passage au bord du ravin sur le chemin menant à la carrière, pousse un camarade dans le vide en hurlant et, comme au Ball Trap, le soldat posté au mirador épaule son fusil-mitrailleur et vide son chargeur sur le malheureux fuyard. Les tourmenteurs s’envoient ensuite des sourires de satisfaction fiers du devoir accompli.

Mais ce matin, c’est différent. Il n’y aura pas d’atelier. Un uniforme se dresse devant moi. A ses chaussures et son pantalon, je sais que ce n’est pas un de nos bourreaux habituels. Apparemment, il semble s’impatienter. Il doit attendre que je lève les yeux. Son visage confirme mes soupçons. J’espère alors qu’il n’est pas comme les autres jusqu’à ce qu’il me hurle et me postillonne à la gueule sa haine et certainement quelques informations sur mon avenir très proche. Comme à chaque fois, je ne comprends rien. Mon niveau d’allemand est quasi nul et les cours d’argot ne font pas partie de notre programme hebdomadaire. J’arrive néanmoins à reconnaître deux mots dans ce torrent incompréhensible : infirmerie et docteur. Je pense que le médecin du camp souhaite me voir. Une panique m’envahit. Les derniers camarades qui ont eu rendez-vous avec lui ne sont jamais revenus. Beaucoup de rumeurs circulent dans le camp entre prisonniers. Certaines parlent d’expériences réalisées à l’intérieur même de l’enceinte. Je sens brusquement que ma fin est proche. Je vais finir en cobaye. D’autres rumeurs existent. Elles pourraient me donner de l’espoir mais ce sentiment m’a abandonné depuis longtemps.

Je sors du rang. Malgré la peur, j’espère avoir compris l’ordre sous peine d’un passage à tabac en règle. Je prends sans attendre la direction de l’infirmerie. Tout au long du chemin, je prie qui veut m’entendre de ne pas m’être trompé. Du coin de l’œil je vois ma garde rapprochée, agitant son bâton, qui attend une erreur de ma part.

En prenant la direction de la partie inférieure du camp, je croise un Kommando N.N., Nacht und Nebel. Ils sont facilement identifiables car ils portent une grande croix rouge sur la chemise. Ce groupe spécial est composé d’opposants au IIIe Reich. Leur quotidien se résume en labeurs la journée et interrogatoires une fois l’extinction des feux. Les insomniaques ont le privilège de les entendre. Leurs cris qui déchirent la nuit proviennent d’un bâtiment à proximité du four crématoire. Leur parler, c’est se condamner à porter aussi la croix rouge.

Arrivé devant l’infirmerie, je pousse un discret ouf de soulagement. Pourtant, en mon for intérieur, je suis toujours en panique. J’en suis même arrivé à envier mes camarades qui ne se sont jamais réveillés. Je m’arrête devant l’entrée du bâtiment. Un ordre vient de derrière. J’ouvre la porte en m’attendant de recevoir un coup. Rien n’arrive une fois de plus. J’entre dans le bâtiment. Je me retrouve devant le médecin. Pas de salle d’attente, pas de consultation non plus de toute manière. Il prend la parole :

– Bonjour, Herr Goldberg.

Il parle français avec un accent m’indiquant qu’il ne fera aucun effort de prononciation. Mais cela est un détail comparé à son dernier mot prononcé. Il connaît mon nom. Entre déportés, nous nous appelons par nos prénoms pour ne pas oublier que nous sommes des hommes. Aux yeux des nazis, nous ne sommes que des numéros tatoués sur notre avant-bras. La surprise envahit mon visage et il s’en aperçoit. Il reprend :

– Vous être surpris que je connais votre nom, il ne faut pas. Nous pas être des bêtes.

Je ne sais pas s’il est sérieux ou ironique en me disant cela. Je préfère ne pas réagir. Je n’en ai à la force de toute manière. Et je n’ai pas envie de faire plaisir à l’exécuteur qui est dans mon dos et qui n’attend que ça depuis tout à l’heure. Je reste debout tant bien que mal, sans mot dire, attendant la suite.

– Dites-moi, Herr Goldberg, est-ce que vous être déjà malade depuis vous être ici ?

Je ne réponds pas, une nouvelle fois. De toute manière, il connaît la réponse et c’est non. Le rythme de l’horloge qui se trouve dans le coin rythme le silence. J’ai l’impression qu’elle ralentit.

– Bref, reprend le médecin-boucher après quelques instants. Je prends ça pour un oui. Qui ne dit mot est d’accord comme on dit chez vous… Ou quelque chose comme ça.

Il ouvre la boîte proche de sa main gauche et, d’un geste théâtral, en sort une seringue. La peur enfouie jusque-là s’inscrit dans mon regard. Le boucher remarque mon changement d’attitude.

– Ne vous inquiétez pas Herr Goldberg, je vais juste vous faire une petite prise de sang. Tendez votre bras !

Ce dernier arrive avec un ton plus sec, ne laissant aucune issue. Je tends mon maigre bras gauche par-dessus le bureau. Tout en restant assis, il fait un garrot. Sans aucun avertissement préalable, il me plante l’aiguille dans le bras. Il commence la ponction. Je sens mon fluide corporel s’évader. Mes jambes deviennent lourdes. J’ai besoin de m’asseoir. Je regarde autour de moi mais aucune chaise à l’horizon. Aucune possibilité de bouger car mon bras est maintenu. Je commence à avoir le vertige. Avant que mes yeux se révulsent, je perçois le sourire sadique sur le visage de mon tortionnaire. Je m’évanouis.

 

Millenium 4 « ce qui ne me tue pas » – David Lagercrantz

Le retour de Mikael Blomqvist et Lisbeth Salander a mis le feu chez les fans de la trilogie Millenium de Stieg Larsson. Mais, avons-nous là un vrai retour gagnant ou juste une tentative de surfer sur la vague ?

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Comme certains artistes, Stieg Larsson fait partie des auteurs qui n’ont connu le succès qu’après leurs décès. L’héritage de l’écrivain suédois n’a pas laissé de marbre la communauté des lecteurs de policiers. La trilogie Millenium met en scène un journaliste d’investigation dupé et une jeune fille hackeuse et asociale au passé douloureux. Le duo improbable de ces personnages aux antipodes est certainement la base de cette renommée. Il n’est bien entendu hors de question d’exclure la qualité de l’intrigue et des rebondissements qui sont généralement des facteurs essentiels dans ce genre d’ouvrage. Tout cela aussi permis de découvrir l’oeuvre adaptée au cinéma par une équipe suédoise, puis américaine. Une adaptation française en B.D. a aussi été réalisée.

Mais revenons au sujet, à savoir cette suite. Elle n’a pas été écrite par le regretté Stieg Larsson mais par un autre auteur scandinave : David Lagercrantz. En tant que fan de la saga, je me suis dit que cela ne devrait pas changer énormément de choses car la suite avait été validé par les héritiers de l’auteur original. Pourtant, certains indices auraient dû me mettre la puce à l’oreille. Notamment le fait que cet auteur du quatrième volet était surtout connu pour sa biographie sur Zlatan Ibrahimovic. Non pas que l’écriture soit mauvaise – je ne me permettrai pas de juger un livre que je n’ai pas lu – , mais on ne peut pas dire que l’on beigne dans un genre littéraire proche de Millenium. Sans parler du fait qu’écrire sur un des joueurs de football les plus populaires de la planète va automatiquement apporter une visibilité et un succès économique, un peu comme écrire la suite d’une saga épique en fait. Malgré tout cela, je me suis lancé dans cette histoire sans aucun a priori et j’ai opté pour la version audio éditée chez AudioLib, dont la lecture d’Emmanuel Dekoninck est excellente.

Le postulat de départ est quasiment le même que le premier ouvrage de la série. Le magazine Millenium risque de mettre la clé sous la porte et Mikael Blomqvist est à la recherche d’un reportage qui le placera en haut de l’affiche. A la différence qu’il a des doutes sur ses motivations. Pourquoi pas, passons. Le thème principal traité est l’autisme. Sujet délicat et complexe mais bien développé. Dommage qu’il ne soit que trop peu au profit d’éléments qui font le succès des scénaristes hollywoodiens : violences conjugales et Lisbeth Salander qui se prend pour Rambo. C’est surtout cette dernière approche qui m’a déçu car il a transformé la saga policière en saga action, un peu comme si Mark Knopfler – guitariste des Dire Straits – se mettait à faire que de la pop-music. Nous sommes donc loin de l’esprit originel de la trilogie. J’ai aussi noté quelques incohérences dans le scénario, ou tout du moins des raccourcis qui m’ont étonné par leur faible probabilité.

Au final, je ne dirai pas que c’est un mauvais livre car je n’ai pas cette prétention. Par contre, en tant que fan de l’oeuvre originale, je suis déçu du virage pris plus basé sur l’action que sur l’enquête. On est passé d’une histoire qui se déroule sur plusieurs mois à une histoire sur quelques jours. L’objectif est-il d’attirer un lectorat plus large ? Je ne sais pas. Mais ce dont je suis sûr, c’est que cette suite ne restera pas dans ma mémoire. j’espère que la suite en version B.D. sur laquelle Sylvain Runberg travaille en ce moment sera plus fidèle à l’original. Mais il va falloir patienter car le projet ne fait que démarrer.

Nous rêvions juste de Liberté – Henri Loevenbruck

Habitué à proposer des romans fantastiques ou polars ésotériques, Henri Loevenbruck nous emmène cette fois dans un road-movie qui sent bon l’amitié, le chrome et le pneu brûlé.

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4ème de couverture :

« Nous avions à peine vingt ans, et nous rêvions juste de liberté. » Ce rêve, la bande d’Hugo va l’exaucer en fuyant la petite ville de Providence pour traverser le pays à moto. Ensemble, ils vont former un clan où l’indépendance et l’amitié règnent en maîtres. Ensemble ils vont, pour le meilleur et pour le pire, découvrir que la liberté se paye cher.

Nous rêvions juste de liberté réussit le tour de force d’être à la fois un roman initiatique, une fable sur l’amitié en même temps que le récit d’une aventure. Avec ce livre d’un nouveau genre, Henri Lœvenbruck met toute la vitalité de son écriture au service de ce road movie fraternel et exalté.

Je ne vais pas vous cacher que ce genre littéraire n’est pas ma came. Habitué à passer des nuits blanches sur des feuilles noirs de polars et thrillers, j’ai acheté cet ouvrage uniquement parce que j’adore Henri Loevenbruck par rapport à ce qu’il écrit et par rapport aux quelques vrais échanges que j’ai eu avec lui autour de notre passion des deux roues. Et c’est donc en toute logique un soir où je n’avais plus rien à lire que je me suis lancé dans cette histoire. Et bordel, quelle histoire !!!!

La première chose que l’on remarque en attaquant les premières lignes, c’est que l’auteur souhaite que l’on participe à l’histoire, non pas en tant qu’observateur mais en tant qu’acteur. Par le langage utilisé, il nous prend comme témoin, comme ami et nous emmène à Providence où la vie dans et autour des mines n’est pas toujours drôle. Et nous voilà embarqué avec Hugo et la bande à Freddy en pleine lutte des classes entre ados pour commencer et une autre lutte plus tard, plus violente et impitoyable, dans le monde des MC (Motocycle Club). Au fil des lignes, mon âme de motard grisée par le moment me fait tirer la poignée d’accélération à l’angle maximum. Dès lors, un seul objectif pour cette traversée : atteindre le point final le plus vite possible.

Mais voilà, une fois arrivé, beaucoup de sentiments se mélangent. Je ne dirai pas lesquels car je souhaite que vous profitiez le plus possible, cheveux au vent, de ce que Henri Loevenbruck nous a offert. Mais une chose est sûre, Hugo et ses amis me manquent. Jamais un ouvrage ne m’a donné envie d’y retourner aussi rapidement. Car au delà d’un livre, l’auteur nous a ouvert son coeur et a sans doute débuté une partie de sa biographie car certaines choses ont certainement été vécues et méritent de l’être à nouveau.

Enfin, mon dernier mot sera un message personnel pour l’auteur : « Henri, si tu passes par là, je veux que tu saches que tu m’as fait chialer ! Tu fais chier putain. »

Les Livres Audio

A l’heure actuelle, un gros débat fait rage parmi les lecteurs : papier ou ebook ? Malheureusement, beaucoup oublient d’évoquer le troisième média, le livre audio. Mais est-ce vraiment un livre ? On peut se poser la question. Pour moi, la réponse est « oui et non ».

On peut le considérer comme un livre car, à la base, cela reste un texte d’oeuvre littéraire lu. Mais, si le narrateur est repoussant ? ou s’il est captivant ? C’est donc plus une pièce de théâtre, un jeu d’acteur dans ce cas. Le rôle du le ou des narrateurs ont clairement leur importance. Cela peut nous amener, nous lecteurs (?), vers une oeuvre car la voix qu’on entend nous donne envie de connaitre l’histoire. Et bien entendu, un auteur que l’on aime peut ne pas nous plaire car la voix qui transporte son texte ne nous atteint pas.

Bien entendu, on ne peut pas parler de bon ou mauvais narrateur. Les éditeurs spécialisés dans le domaine font appel à des professionnels. Par contre, il est rare d’avoir autant de narrateur/acteur que de personnages dans le livre. Dans la plupart des livres audio, il s’agit du même narrateur qui tente plusieurs voix différentes avec plus ou  moins de succès (là encore c’est très subjectif) pour dissocier les personnages dans les dialogues. D’ailleurs, les voix différentes, les intonations apportent beaucoup de vie dans les dialogue et donc dans la narration… oui, comme au théâtre.

Malheureusement, le livre audio souffre d’un gros défaut. Son prix est généralement supérieur à la version papier. Il coûte plus cher à la conception. Mais alors pourquoi les livres audio ? Pour qui ? La première réponse est simple, pour ceux qui ne savent pas ou ne peuvent pas lire : enfants, analphabètes, aveugles. Pour ma part, ce n’est aucun des trois. Je le trouve beaucoup plus confortable que n’importe quel autre support lorsque je me déplace, transports en commun et surtout voiture.

A titre personnel, le livre audio possède une place particulière. Je n’aimais pas la lecture jusqu’à il y a six ans. Un jour que j’avais un voyage de cinq heures en voiture, seul. Je me suis dit « pourquoi ne pas m’occuper l’esprit avec une histoire ? » Je n’ai pas vu le voyage défiler. Depuis, les histoires m’ont redonné goût à la lecture (car tous les ouvrages ne sont pas disponibles en audio) et maintenant à l’écriture. Désormais, j’ai toujours un livre en cours en audio et un autre en papier ou ebook (oui, je n’ai pas non plus de réponse sur le meilleur ou le moins bon de ces deux supports).

Finalement, je ne peux que vous conseiller de tenter l’expérience. Cela peut paraître étrange les premières minutes, mais n’abandonnez pas tout de suite. C’est un magnifique support culturel, parant à toutes les situations.

Actuellement, l’offre des livres audio est de plus en plus étoffée grâce aux éditions Audiolib, VDB et Sixtrid. Je suis désolé pour ceux que j’oublie mais ce sont mes trois fournisseurs en polar et thriller.

Camilla Läckberg – La vie à Fjällbacka

Ceux qui me connaissent savent que je suis un grand amateur des oeuvres de Maxime Chattam, Franck Thilliez ou Henri Loevenbruck. Ces trois auteurs français sont en haut de ma liste je suis une groupie (tiens, c’est drôle le troisième sait jouer du piano… désolé). Mais parmi toute cette noirceur, une jeune femme venant du froid apporte un peu de fraîcheur dans ma bibliothèque : Camilla Läckberg.

Dans son oeuvre, la ravissante brune aux yeux bleus (j’avoue, j’ai un faible pour cet assemblage) nous fait découvrir une partie du quotidien des habitants de Fjällbacka, station balnéaire suédoise. C’est à travers 8 livres publiés à ce jour que l’on suit les aventures d’Erica Falck, romancière à succès trop curieuse, et de Patrick Hedström, policier et héros local.

Mais que trouve-t-on dans ces livres ? De l’hémoglobine ? Oui, un peu, car il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un polar à la base. Mais pas seulement. Dans une petite commune, les murs ont des oreilles, tout ce sait. Donc tout s’écrit. On est avec les habitants de Fjällbacka, leur travail, leur quotidien, leurs histoire de famille… Si j’avais une comparaison à faire avec des oeuvres à succès, je dirais qu’on se trouve en présence d’un mix de Les Expert et Desperate Housewives. C’est très malin au final,  car les amateurs de l’un ne sont pas forcément les amateurs de l’autre et tous s’y retrouvent. Personnellement, j’apprécie cette petite vie de clocher. Cela me détend entre d’autres auteurs plus hard.J’ai l’impression de faire une pause. De plus, l’écriture est simple et efficace. En synthétisant tout cela, et sans aucun préjugé sexiste, on est dans quelque chose de purement féminin.

De plus, à travers tous ces textes, Camilla Läckberg aborde certains sujets sensibles de notre société actuelle : télé-réalité, violences conjugales, homosexualité, la maladie,… Elle donne un point de vue, certainement le sien, mais n’est jamais moraliste. Son but reste tout de même le divertissement.

Finalement, c’est bien entendu une lecture que je conseillerai, pourquoi pas comme première expérience de roman polar. Par contre, il est essentiel de s’attaquer à la saga en respectant l’ordre de parution des livres. Les personnages sont récurrents et tout le background suit une chronologie stricte. Je vous ai glissé ci-dessous l’ordre de sortie des ouvrages. En tout cas, je fais partie des lecteurs qui attendent le prochain avec impatience.

Bonne lecture à tous !!!!

camilla

Parution des oeuvres aux éditions Actes Sud :

  1. La Princesse des Glaces
  2. Le Prédicateur
  3. Le Tailleur de Pierre
  4. L’Oiseau de Mauvaise Augure
  5. L’Enfant Allemand
  6. La Sirène
  7. Le Gardien de Phare
  8. La Faiseuse d’Anges

Vous pouvez aussi retrouver tous ces romans en version audio aux éditions Audiolib.

N.B. : il ne s’agit pas de la liste exhaustive des oeuvres de Camilla Läckberg mais uniquement celles autour de la station balnéaire de Fjällbacka.

Les Abysses du Temps – Maxime Chattam

Hello les internautes !

Ouvrir mon blog me donne l’occasion de partager avec vous mes lectures et mes inspirations. L’idée est de ne pas me concentrer sur un seul ouvrage lorsque l’auteur a mis plusieurs tomes pour construire son histoire, mais de bien cerner l’ensemble de l’œuvre. Rédigeant moi-même des textes à mes heures perdues, je n’ai pas la prétention de donner un quelconque cours d’écriture. J’étais d’ailleurs très mauvais en Français durant ma scolarité (nous aurons le temps d’en rediscuter un jour… ou pas). Ces articles seront simplement une présentation d’une oeuvre que j’ai appréciée.

Donc, nom premier billet sur mes lectures va évoquer un travail original d’un de mes auteurs préférés : Les Abysses du Temps de Maxime Chattam. Cette œuvre est constituée de deux volumes, Léviatemps et Le Requiem des Abysses sortis chez Albin Michel et Pocket, et regroupe les deux textes accompagnés de photos d’époque. L’auteur nous plonge à Paris, dans la France de 1900, pendant l’Exposition Universelle. L’époque a son importance aussi bien dans l’intrigue, avec des méthodes d’enquêtes bien différentes de celle actuelles, que dans l’écriture. Maxime Chattam nous gratifie d’une plume qui nous envoie directement au tout début du XXe siècle et que l’on parcoure autant dans les dialogues que dans le récit en lui-même. C’est dans cette atmosphère rétro que l’on plonge aux côté de Guy de Timée, romancier victime de son succès et en panne d’inspiration mais attiré par la part d’ombre de l’être humain.

En assumant à cent pour cent l’époque où se déroule l’intrigue, Maxime Chattam a su garder les ingrédients qui font de lui un des maîtres du thriller français : enquête, frissons et une pointe de fantastique.

Enfin, je souhaiterai ajouté un petit laïus sur la version audio car il s’agit de la version qui ma fait découvrir cette aventure. Elle est interprétée de fort belle manière par Vincent de Boüard aux éditions AudioLib. Il arrive à nous faire voyager en 1900 avec une interprétation et un panel de voix très riche.

leviatemps abysses

 4ème de couverture – Léviatemps : À trop désirer la mort, on y brûle son âme.Paris, 1900.Prisonnier de son succès, un écrivain décide de tout quitter pour entrer au plus profond de ses cauchemars, de ses abysses, explorer ce qu’il y a de pire en lui. Dans ce terreau de peurs se cache la matrice des monstres enfouis en chacun de nous. Un Léviathan d’ombres, un golem de violence.Guy de Timée voulait déterrer la fange, il va rencontrer le Mal. Des cercles ésotériques de la capitale aux démesures de l’Exposition universelle, le début du XXe siècle inspire à Maxime Chattam un thriller halluciné où les progrès de la science nourrissent la folie des âmes perdues en quête d’éternité.

4ème de couverture – Le Requiem des Abysses : Au début des années 1900, la France est en proie à d’étranges phénomènes. A Paris, les momies disparaissent des musées, les médiums succombent à des morts mystérieuses, et les rumeurs les plus folles courent les cercles occultes. À quelques kilomètres de là, dans les campagnes, une chose sans nom décime des familles entières selon des rites d’une infinie barbarie.Hanté par ses propres démons, fasciné par le Mal, le romancier Guy de Timée se lance à la poursuite de la créature.Après Léviatemps, le nouveau thriller de Maxime Chattam nous entraine des brumes du Vexin à celles d’un Paris ésotérique dans un terrifiant voyage dans le temps et le doute.